Le refuge
Par Haska le jeudi 2 octobre 2008, - Humeurs - Lien permanent
Lorsque je travaille sur mon bureau, je suis seule. Lorsque je fais corps avec une oeuvre, c'est en tête à tête. Finalement la création est à huit clos. Même mon entourage ne sait pas ce que je fais des heures durant, en silence. Il m'arrive d'ajouter une bande son, de la musique, ipod branché sur fond jazzy. C'est presque chamanique la création. Je ne fais plus partie de la réalité quotidienne pendant ces heures d'ateliers. Tout s'ammoncelle, tout traîne, je n'ai pas le temps de ranger et trier mes crayons, feuilles, papiers déchirés, colles, vernis, pastels, encre et pinceaux, la peinture acrylique sèche au fond des pots si je ne prends pas garde à les reboucher. Un tableau c'est comme un don de soi. Mon bureau est mon atelier, qui est un lieu de souffrance, de joie, d'exaltation, de découvertes, et de recherches, un lieu d'élaboration et de grande solitude. Lorque je termine une oeuvre, je la laisse sécher, et je la scrute. Puis elle va rejoindre les autres, bien rangée et prête à être vendue. Je sais que je ne la garderais pas avec moi. Alors sans attachement, je passe à la suivante ou j'arrête pour aujourd'hui. Lorsque j'emmerge de mon bureau, il me faut toujours quelques minutes pour refaire surface, et se rendre compte de l'heure, du temps, et de l'actualité.
